Commentaires sur la conférence de JG : "Phi etc..."

Commentaires sur la conférence de JG : "Phi etc..."

Message par Lafla » 16 Juin 2016, 17:32

Bonjour à tous et à toutes,

http://larevelationdespyramides-leforum.com/viewtopic.php?f=10&t=3027

vous vous en doutez, j'ai énormément de choses à dire concernant la conférence de Jacques Grimault intitulée "Phi le nombre d'or - Introduction à la philosophie des bâtisseurs". Des choses pas toujours positives, pas toujours négatives non plus, mais surtout négatives. Comme ça c'est dit, et si votre but n'est pas d'examiner le contenu mathématique de ce que je dis mais juste de savoir en gros si je fais ici du pro-JG ou du anti-JG, je vous épargne d'emblée cette peine.

Et je précise également, je ne fais que défendre les mathématiques modernes là où je pense que JG les attaque injustement. Et on peut dire qu'il ne s'en cache pas et ne s'en prive pas... De la sorte vous aurez les deux avis et pourrez vous faire je l'espère votre propre opinion.

Ce premier post est consacré aux 15 premières minutes de la vidéo (qui sont les plus "denses" à vrai dire).

6 min : Le nombre pi, c'est à dire une constante mathématique universelle, infinie, naturelle, irrationnelle et transcendante. Pour faire bref, irrationnel ça veut dire qui n'a ni rythme ni fin, et conséquemment on peut trouver tout dedans, toutes les séries. On peut très bien trouver, mais par le hasard seulement, 12345678910 ou 1246 etc. et par conséquent on peut imaginer que l'on trouvera ce que l'on recherche, à un moment ou a un autre on le trouvera.


Il y a là confusion avec la notion de nombre-univers ou de nombre normal ; or, en ce qui concerne le nombre pi, il convient de rester prudent puisque ces propriétés ne sont encore que des conjectures... Cela dit, le site "The Pi-Search Page" (un joujou tout aussi merveilleux que Google Earth) indique par exemple que la séquence "12345678" se rencontre pour la première fois en 186 557 266-ème position dans la suite des décimales de pi. Je note que Jacques Grimault a fait l'effort de considérer (pour une fois, pour un temps très court et avec maladresse) un aspect de mathématiques pures qui nous propulse très loin du domaine douillet des mathématiques pragmatiques (près de deux cent millions de décimales, pensez donc...)

8 min : Le nombre d'or est généré par le coeur des nombres lui-même, et apparait sexué dans leur suite, ce qui est unique dans l'infini des nombres. Ca, ça le rend légitime en quelque sorte puisqu'il le seul à posséder cette propriété, tout comme la suite infinie des nombres elle-même (...) ... une fois un peu au dessus, une fois un peu en dessous, de manière sinusoïdale en quelque sorte. Conséquemment ce n'est pas le même type de constante que pi, pi c'est invariable, c'est un nombre qui ne change dans aucune circonstance, et personne ne peut le modifier. Celui-ci, il est un devoir de l'appeler une constante "statistique", quand on est sexué on est statistique.


Malheureusement, le slogan "unique dans l'infini des nombres" est très souvent utilisé à tort et à travers quand il s'agit du nombre d'or. Je peux par exemple construire une suite d'entiers croissants (le coeur des nombres) dont les rapports successifs tendent de façon "sexuée" (une fois au dessus, une fois en dessous) vers pi, ou plus généralement vers n'importe quel nombre X>1 fixé à l'avance. Il suffit de poser

S(0) = 1 et S(n+1) = Ent(X*S(n))+(1-(-1)^n)/2

où Ent(Y) désigne la partie entière de Y (troncature à la virgule), de sorte que S(n+1)/S(n) converge vers X pour de grandes valeurs de n. Pour X=pi par exemple, nous obtenons avec l'aide d'Excel la suite

1, 4, 12, 38, 119, 374, 1174, 3689, 11589, 36408, 114379, etc ...

Notez que 374/119 = 22/7 = 3,142857... et que 114379/36408 = 3,14158976... C'est donc un critère qui ne suffit pas (et de loin) pour déclarer que phi est "unique dans l'infini des nombres", puisque je viens de montrer que tout nombre X>1, a fortiori irrationnel, peut être "généré par le coeur des nombres de façon sexuée". Tous ces nombres sont par conséquent "statistiques", si tant est qu'on parvienne à donner un sens quelconque à ce terme dans ce contexte.

J'admets en bon esprit scientifique que l'on peut me faire deux objections : 1) la suite obtenue n'est pas définie de façon simple (la suite de Fibonacci ne consistant qu'en des additions) 2) la construction de la suite présuppose de connaître la valeur de X (ce qui n'est pas le cas pour Fibonacci). Il n'en demeure pas moins que le critère d'unicité n'est pas valide, puisque techniquement celui-ci ne concerne que la suite elle-même et non pas la manière de la construire.

En revanche... c'est vrai, il existe plusieurs véritables critères qui font que le nombre d'or est en quelque sorte "unique dans l'infini des nombres" - même si ce ne sont pas ceux présentés ici - mais encore faut-il s'intéresser un tant soit peu aux mathématiques modernes et ne pas tout rejeter en bloc pour en avoir connaissance. Par exemple, en classant les nombres quadratiques selon leur hauteur de Weil, quatre nombres se distinguent comme ayant la hauteur la plus petite : le nombre d'or, son opposé, son inverse et l'opposé de son inverse. Un autre critère est le suivant : il n'existe que deux nombres positifs X tels que X+1 et X-1 soient des puissances entières de X. Le premier est le nombre d'or (X+1 = X² et X-1 = X^{-1}) et l'autre est appelé nombre plastique (X+1 = X^3 et X-1 = X^{-4}).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_plastique

http://www.apmep.fr/IMG/pdf/nbag.pdf

Racine carrée de 0,618 égal 0,382.

Non, ce n'est pas √(1/phi) mais (1/phi)² qui vaut approximativement 0,382 et qui vérifie la relation (1/phi) + (1/phi)² = (phi+1)/phi² = 1. D'ailleurs, pour un nombre inférieur à 1, sa racine est toujours plus grande et son carré est toujours plus petit que lui.

13 min : C'est là que j'en profite pour signaler la différence fondamentale entre les mathématiciens anciens et les mathématiciens modernes, pour qui je n'ai pas une sympathie approfondie, vous le devinez. Le nombre d'or, pour les modernes, est le résultat de l'équation suivante :

(1+√5)/2 = phi

de valeur approchée 1,618033 etc. etc... Des milliards d'années pourraient s'ensuivre avec la notation de ce qui le compose : on n'en a pas besoin.


Là n'est pas tellement la question, ce n'est pas à nous de décider arbitrairement ce qu'on va garder et ce qu'on va jeter. Je croyais que le propos de LRDP était de ne nier aucun fait, de ne pas de chercher à les adapter selon les besoins... Or, est-ce un fait oui ou non que 1,618² = 2,617924 tandis que 1,618 + 1 = 2,618 ? Est-ce un fait oui ou non que 1,618033² = 2,618030789089 tandis que 1,618033 + 1 = 2,618033 ? Est-ce un fait oui ou non que, dès lors que l'on considère une troncature X du nombre d'or, son carré X² sera toujours strictement inférieur à X+1 mais jamais égal ?

C'est précisément pour prendre en considération ces faits, pour ne pas les ignorer ni transiger avec eux, pour prendre conscience que certains nombres ne pouvaient définitivement pas s'écrire sous forme de fraction ou troncature sans engendrer des erreurs que les mathématiciens modernes (et le premier d'entre eux, Euclide, au IIIe s. av. J.C.) se sont penchés sur la question de l'irrationalité.

Cela n'a pas été sans mal : les Grecs ont alors traversé une profonde crise philosophique (notamment pour les Pythagoriciens chez qui le "dogme rationaliste", peut-être hérité des Egyptiens, était profondément ancré), mais il en a finalement résulté la plus belle et la Reine des Sciences. Ne peut-on voir finalement un parallèle entre l'émergence de la notion d'irrationalité mathématique et le projet LRDP ? Il me semble que vouloir au contraire la mettre à bas est un parfait contresens du point de vue argumentatif, au-delà d'être une intention totalement absurde.

J'ajoute que comprendre ce qu'est l'irrationnel mathématique me semble plus important que de discuter lequel de √5 ou de phi engendre l'autre : la relation mathématique elle-même a beaucoup plus d'intérêt que le sens dans lequel on l'écrit. Mais c'est l'avis d'un moderne...

C'est ici qu'il faut remarquer que quand on a affaire a des constantes irrationnelles, personne n'est en droit d'exiger l'exactitude et la précision. On verra tout à l'heure que mathématiques et métrologie imposent également cette nuance.


Personnellement, je suis d'accord à 100% sur le principe et je pense que ceux qui opposent d'emblée cet argument n'ont pas pris suffisamment de recul sur la problématique LRDP. L'aspect "métrologique" suffit amplement à expliquer pourquoi les constantes irrationnelles sont seulement évoquées sous forme de troncatures plus ou moins grossières. Cependant, on se méprendrait gravement si l'on confondait ces pâles évocations avec les constantes véritables... On pourrait dire que la constante irrationnelle appartient au monde des idées selon Platon, tandis que sa troncature est son image dans le monde réel. Je pense que Jacques Grimault n'a pas vraiment saisi cette distinction subtile mais essentielle et je lui suggère de méditer cette analogie avant de s'engager plus loin dans les contresens...

Quand je suis confronté à des nombres irrationnels, je ne les appelle pas comme ça parce que mon intention dans ce film prochain, c'est de démontrer que ce ne sont pas des nombres irrationnels, ils ont des structures et des rythmes géométriques.


Ces nombres sont dits irrationnels parce que ce ne sont pas des ratios ou quotients de deux nombres entiers. Faut-il en déduire (alors que la définition mathématique ne le dit pas) qu'ils échappent nécessairement à toute structure ? Ce serait prématuré et probablement absurde (puisque dans ce cas, le problème de leur existence ne se serait jamais posé). Enfin il est plutôt naturel que leur structure soit fondamentalement géométrique vu que c'est par des problèmes de géométrie que les Grecs les ont abordés. Plus précisément, il existe un lien intime entre nombres irrationnels et géométrie à travers la notion subtile de continu ou continuum (un thème cher à Henri Poincaré, au passage).

N'est-il pas naturel qu'une droite qui traverse l'intérieur d'un cercle rencontre ce cercle en deux points ? Eh bien (sans entrer dans le détail) il est tout aussi naturel de trouver des nombres irrationnels en géométrie, et c'est pourquoi les Grecs en ont trouvé en utilisant la règle et le compas. Par conséquent, il est tout aussi naturel de privilégier des méthodes géométriques pour les manipuler de manière exacte ; les méthodes numériques (sous forme de nombres à virgule) n'étant en revanche pas adaptées a priori car sans lien avec leur construction à l'origine, il n'est pas étonnant qu'elles n'aboutissent pas.

Que Jacques Grimault ait compris cela ou non, il insinue en tout cas que les mathématiciens modernes ne l'ont pas compris, ce qui est à l'évidence une projection de sa propre méconnaissance et un nouveau contresens.
#JeTapeGratuitementSurLesMatheux

Simplement j'ajouterai que cette chose, cette vision des anciens à l'égard de ce type de nombre infini va rendre très différentes les mathématiques des bâtisseurs. Contrairement aux nôtres, les bâtisseurs ne se perdent pas dans des subtilités, ils collent toujours la réalité à l'abstraction, et ils ont raison.


C'est une opinion. Le sens de la vie, selon la tradition hermétique elle-même, n'est-il pas de rechercher le Beau, le Juste, le Vrai ? Assurément, il y a du Beau, du Juste et du Vrai dans les mathématiques abstraites, peut-être même davantage que dans les concrètes (mais ça c'est MON opinion...)

Je considère toujours avec un grand intérêt les exposés de Jacques Grimault quand il s'agit de partager sa compréhension des mathématiques "à l'ancienne", vraisemblablement très différentes des mathématiques modernes. Je ne comprends toujours pas en revanche pourquoi il ne cesse de confronter les unes contre les autres alors que selon moi il n'y a pas matière. Ce sont deux approches différentes d'une même Mathématique, l'une technique fondée sur le raisonnement, l'autre artistique fondée sur l'intuition, complémentaires tout comme les deux hémisphères d'un même cerveau.

Et ce sera ma conclusion pour le début de ce commentaire...
Dernière édition par Lafla le 17 Juin 2016, 22:08, édité 1 fois.
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Re: Commentaires sur la conférence de JG : "Phi etc..."

Message par Amarillo Salvaje » 16 Juin 2016, 19:19

Merci Lafla
Je partage ton avis.

J'accorde une grande reconnaissance à JG pour sa découverte de l'équateur penché et sa relation coudée-mètre-constantes.

Mais dès fois, je trouve qu'il patauge :

- soit il en sait beaucoup plus et il temporise.

- soit son discours est surtout adapté pour les non-matheux, pour le citoyen lambda. (bofbof)

- soit il avance au fur-et-à-mesure des autres découvertes, notamment certaines faites sur ce forum

(par exemple, peu de temps après l'annonce d'un membre du forum qu'on trouve aussi la constante e1 dans la grande pyramide, il annonce dans ses conférences qu'il parlera bientôt d'une nouvelle constante .... mmh. Autre exemple, j'ai publié dans un post de ce forum que pour la pyramide médiane, basées sur le triangle 3-4-5, qu'en proportion, l'apothème vaut "5" et le côté "6", donc un rapport phi2 / pi. Et maintenant il en parle dans cette vidéo !!! je suis conscient que cette relation est "simple", mais avant de la publier, je m'étais bien renseigné et elle était inconnue sur internet.... bon, si ce n'est que ça...)

- soit il est tellement avancé qu'il est déconnecté du commun des mortels et son dialogue est des fois mal compris.

- soit il y a d'autres explications (on ne va pas se limiter à un QCM)


Quand il utilise des mesures différentes pour la même chose, ça m'horripile (hauteur pyramide médiane variant de 273 à 275 coudées en passant bien-sûr par 274 coudées !!! NON ! il ne faut pas adapter la hauteur en fonction du résultat voulu (comme le font beaucoup de gens) mais accepter plus d'imprécision à son calcul.) --> bon, dans cette vidéo il utilise uniquement 274 coudées, Ouf !!!

Cette critique est constructive, JG n'a pas besoin de ces petites "frauderies mathématiques" pour être cohérent dans l'ensemble, vu l'énormité du travail qu'il a accompli.

Je remarque bien-sûr que le ratio "découvertes" / "petites fraudes mathématiques" penche positivement en sa faveur (sans parler de ce qu'il n'a pas encore montré, genre Pi n'est pas irrationnel ... etc, mais là il faut attendre avant de juger)

--> l'erreur entre "racine de (phi-1)" et 1 / phi2 m'as tout de suite fait tiquer. Je comprends pas qu'à l'usure, il ne connaisse pas ces valeurs par cœur (aller, juste 3 chiffre significatifs afin de pas se planter). Bon, on lui excusera ça après avoir fortement été dépaysé des maths suite à ses voyages à l'île de Pâques et en Bolivie.

Cultivons le doute méthodique !! Et vérifions par nous-même.
Amarillo Salvaje
 
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Re: Commentaires sur la conférence de JG : "Phi etc..."

Message par leo » 16 Juin 2016, 19:45

Lafla a écrit :Bonjour à tous et à toutes,



8 min : Le nombre d'or est généré par le coeur des nombres lui-même, et apparait sexué dans leur suite, ce qui est unique dans l'infini des nombres. Ca, ça le rend légitime en quelque sorte puisqu'il le seul à posséder cette propriété, tout comme la suite infinie des nombres elle-même (...) ... une fois un peu au dessus, une fois un peu en dessous, de manière sinusoïdale en quelque sorte. Conséquemment ce n'est pas le même type de constante que pi, pi c'est invariable, c'est un nombre qui ne change dans aucune circonstance, et personne ne peut le modifier. Celui-ci, il est un devoir de l'appeler une constante "statistique", quand on est sexué on est statistique.


Malheureusement, le slogan "unique dans l'infini des nombres" est très souvent utilisé à tort et à travers quand il s'agit du nombre d'or. Je peux par exemple construire une suite d'entiers croissants (le coeur des nombres) dont les rapports successifs tendent de façon "sexuée" (une fois au dessus, une fois en dessous) vers pi, ou plus généralement vers n'importe quel nombre X>1 fixé à l'avance..... /quote]


Bonjour,
Ce conférencier utilise des termes incompréhensibles pour le débutant aux mathématiques anciennes et pour les mathématiciens modernes. De fait, le terme cœur, intrigue, retient l'attention et fait planer un parfum (étudié) de mystère.

Dans le sens figuré, cœur, est tout d'abord un centre, le centre d'actions, le cœur bat, se dilatant puis se contractant. Pour ce qui est des nombres seule l'unité…. est unique !: absolue (non réductible), mais peut se multiplier: 1- 1 (premiers nombres de la suite de Fibonnaci). La suite des nombres, soit 2 et 3,
sont considérés comme étant "mâle" pour le premier et "femelle" pour le second., voilà pour le sexué .

"Femelle" pour la propension d'un rectangle 3x1 tournant sur sa diagonale à "se dilater". Le rectangle "mâle" 2x1 doué du même mouvement, va vers "une contraction". Le rectangle 2x1 résulte de la multiplication (au carré) de 1 (au carré, une coudée carrée par ex.) et pour 3 de même. Un rectangle 4x1 n'est que le double de 2x1.
leo
 
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Re: Commentaires sur la conférence de JG : "Phi etc..."

Message par Lafla » 16 Juin 2016, 21:37

Je reconnais que ses conférences sont plutôt pas mal pour les non matheux, bien vulgarisées, organisées... même si je ne suis pas moi-même non matheux (personne n'est parfait 8-) ). Mais ça ne prouve pas qu'il soit capable de discuter avec les matheux au niveau où lui-même a placé la barre, et elle est relativement élevée vu qu'il prétend révolutionner les maths. Or la science est faite aussi et avant tout de détail, et s'il s'en sort le plus souvent par un peu de verbiage sur la terminologie ou par des annonces et encore des annonces, il faudra tôt ou tard venir sur ce terrain. Une annonce n'a jamais impressionné un mathématicien, ce qu'il attend c'est d'avoir sous les yeux une démonstration dont il puisse vérifier point par point la logique. Ce que je vois surtout pour l'instant, c'est que son intention ne semble pas tant de discuter avec les matheux que de monter les non-matheux contre les matheux, ce qui est en soi fort dommage.
Euler : e^(iπ)+1=0 ; Gauss : ∫e^(-t²)dt=√π ; Stirling : (n/e)ⁿ.√2πn/n!=1+ε(n)
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Re: Commentaires sur la conférence de JG : "Phi etc..."

Message par piphipi » 16 Juin 2016, 23:17

@Lafla
Concernant les séries un petit papier qui vient de loin:
http://www.fq.math.ca/Scanned/16-4/suttenfield.pdf
Bonne lecture...
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Re: Commentaires sur la conférence de JG : "Phi etc..."

Message par Tamon » 17 Juin 2016, 13:30

Salut Lafla,

Je partage également ton avis, même si je trouve que tu prends des pincettes ;) Je ne suis ni pro ni anti JG également mais voilà... comme je te l'ai deja dit dans ton sujet sur la "reforme des maths" il me semble, j'ai du mal avec JG, je le trouve ambigu et parfois (ou souvent tout dépend) malhonnête autant dans sa démarche que dans ses propos. Alors je suis dans le doute. Il ne m'inspire pas confiance. De plus, comme tu le suggère, à moins que je ne me trompe, il semble faire de la récupération. Comme avec le nombre d'or par exemple, il en parle d'une certaine façon et pas toujours cohérente, parle de la suite de Fibonacci et des constructions géométrique qu'on peut associer a ces nombres comme la fameuse spirale s'approchant de la spirale logarithmique, mais rejette ou ignore volontaire le reste et notamment certaines propriétés remarquables de ce nombre dont certaines que tu as exposé.

Et oui effectivement, sur ce point là, 1,618 n'est pas le nombre d'or, il s'agit d'un nombre décimal (donc rationnel), il faut appeler un chat un chat. Un vélo ce n'est pas un scooter mais si sous certains aspects il y a des ressemblances. Soit on le note 1,618... ou alors on parle d'un nombre faisant référence au nombre d'or à la limite pour x ou y raison. Et puis, effectivement lorsqu'on met en avant des faits, on se doit d''être rigoureux et le plus précis possible sur tout et n'importe quoi sinon ce n'est pas cohérent. Alors, oui, aussi, il y a des choses qui vont dans le bons sens, tout n'est pas négatif. Mais il dénigre tellement de chose qu'à un moment ça en devient absurde (surtout en n'apportant aucune démonstration, oui je sais ça va venir dans le prochain opus ;) ). Comme l’irrationalité dont tu parles, peut-être a-t-il un problème avec l'infini ? Peut-être va-t-il prochainement nous annoncer que l'ensemble des entiers naturels est fini en fait ;) Qui sait ? Je ne sais plus à quoi m'attendre là ;)

Sur ce bon week-end à tous :)
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Re: Commentaires sur la conférence de JG : "Phi etc..."

Message par Lafla » 17 Juin 2016, 22:06

@Tamon : je pourrais ne pas prendre de pincettes, je pourrais dire façon TeB "de toute manière ce n'est pas un travail conforme aux exigences universitaires, ça ne vaut même pas la peine d'être examiné", mais à quoi bon ? ça ne fait que conforter JG dans sa victimisation, "seul contre le système". Donc non, j'essaye d'examiner seulement le fond (quand j'arrive à le délimiter...) en ne tenant aucun compte de la forme et en "passant" sur énormément de choses. Je dois le dire (en premier lieu parce que ça m'énerve) mais j'ai rarement entendu autant d'adjectifs du type "algébrique", "arithmétique", "géodésique", "métrologique", "volumétrique", etc... JG en place un dans chaque phrase quasiment, et quasiment 50% du temps ça ne colle pas vraiment avec ce qu'il raconte. Discours lourd, verbiage, circonvolutions, et pourtant l'essentiel n'y est toujours pas. Quand le "démonstrateur" fait des pieds et des mains pour convaincre, c'est généralement parce que la démonstration n'est pas convaincante en elle-même, c'est donc très mauvais signe.

Je ferai le point sur les imprécisions (nombreuses) qui sont colportées et répétées en général par tous ceux qui parlent d'ésotérisme et de nombre d'or, de Fibonacci, de spirales, de chou-fleur... dans un prochain commentaire. Effectivement, il y a une énorme différence entre la spirale d'or (constituée de quarts de cercles, donc orientée selon les quatre directions d'un rectangle d'or) et la spirale logarithmique (qui ne contient aucun arc de cercle, sa courbure évoluant continûment et régulièrement, homogène ou plus exactement isotrope). Pour qu'une galaxie par exemple soit déterminée par une spirale d'or, il faudrait qu'elle possède quatre directions privilégiées (quatre points cardinaux en quelque sorte) ce qui n'est conforme ni à la relativité, ni à la gravitation newtonienne. C'est donc au mieux une spirale logarithmique, comme le souligne à juste titre JG, mais dans ce cas il faut m'expliquer le rapport avec 1,618033...

@Piphipi : merci, effectivement ce qui est curieux c'est que le nombre n'est pas le nombre plastique (il est défini par X^3-X^2-1 = 0 au lieu de X^3-X-1 = 0), et donc la propriété d'unicité qui lie nombres d'or et plastique tombe un peu à plat. Tiens, j'ai bien envie de calculer la hauteur de Weil de ces deux nouveaux compères, juste pour voir, mais il faut que je me souvienne de mes cours de Master...
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Re: Commentaires sur la conférence de JG : "Phi etc..."

Message par Tamon » 18 Juin 2016, 08:29

'ABD a écrit :Depuis longtemps, il a été dit qu'il y aurait 2 autres constantes en plus de Pi et Phi.
Depuis peu, lors des questions/réponses de J. Grimault, le nombre e a été évoqué...

Il vous faut maintenant démontrer ou donc se trouve ce nombre d'Euler dans la grande pyramide, et trouver l'autre constante qui reste "inconnue"...


Il est possible de trouver bien plus que 2 ou 4 approximations de constantes dans la grande pyramide... Et je parle ici d'approximation diophantienne, comme 22/7 qui est environ égale à Pi, ou on approche un nombre réel à l'aide de nombres rationnels, ce qui est, à mon sens, différent d'un nombre arbitraire comme 3,1416 (exprimer comme ça, sans calcul avec une partie décimale fini) car pour revenir a ce dont je parlais, dans ce cas 3 fait tout aussi bien l'affaire (car proche de Pi) ou même 65536 qui est bien plus proche de Pi que 4294967296 dans l'infini des nombres, tout est relatif ;) selon comment on voit les choses... et surtout comment on les expriment. Mais une chose est sur Pi n'est pas égale à 3,1416 ou le nombre d'or n'est pas égale à 1,618. Il convient de dire les choses telles quelles sont : Les dimensions ou les rapport de dimensions de la grande pyramide tendent vers le nombre d'or ou Pi par exemple.

J'avoue exagérer un peu les choses, volontairement, aussi pour titiller ;) mais oui je trouve que JG devrait-être plus rigoureux et devrait éviter d'utiliser des mots à tort et à travers trop souvent... sinon vive LRDP !

[Edit]

Désolé, j'ai fait une petite erreur. 3,1416 est bien une approximation "réelle" et non "tronquée" de Pi car elle est égale à 62832/20000. Donné par Aryabhatta en Inde vers 500 après JC et mentionné par Alkharizmi, chez les Arabes, vers 830 après JC...
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Re: Commentaires sur la conférence de JG : "Phi etc..."

Message par Lafla » 18 Juin 2016, 17:13

@ABD : Et quelqu'un qui piétine 2500 ans de science sans même l'effort d'une explication, tu crois qu'il fait preuve d'humilité ?

Quelqu'un qui se permet de donner des leçons de méthode scientifique à tout le monde en citant Henri Poincaré, alors que dans le même temps il traite 99% de son travail, celui de ses prédécesseurs et successeurs, comme de la foutaise sans intérêt, tu crois qu'il fait preuve d'humilité ?

Je ne sais pas si l'humilité est une qualité subjective, mais je peux te dire que, de mon point de vue, en matière d'humilité, j'ai de la marge et on en a tous largement.

On parle d'un langage universel et intemporel et je suis tout à fait d'accord avec cette formulation. S'il est universel, nous sommes tous ensemble les détenteurs de ce merveilleux outil et il n'appartient pas à JG ni à quiconque d'y imposer des limites quelles qu'elles soient. Et s'il est intemporel, il n'est pas pour autant figé, nous avons la possibilité de l'enrichir indéfiniment sans jamais le dénaturer d'une quelconque manière, et c'est donc un devoir de le faire selon moi. Nous pouvons en cela compter les uns sur les autres, tous animés de la même idée vers un seul but, la Connaissance, et faire confiance à nos prédécesseurs qui ont ouvert les voies sur lesquelles nous sommes aujourd'hui.

C'est ma conviction profonde, et c'est pourquoi je soutiens Jacques Grimault dans tout ce qu'il veut apporter aux mathématiques et je le combats dans tout ce qu'il veut détruire. Et en comparaison, je n'ai que faire de trouver e ou tartempion dans une pyramide quand je vois le désastre intellectuel vers lequel il voudrait nous entraîner.
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Re: Commentaires sur la conférence de JG : "Phi etc..."

Message par Lafla » 18 Juin 2016, 22:02

Mes propos ne concernent pas le mètre, cela reste un point fort de LRDP même si certains remettent en doute les mesures du pyramidion par exemple (c'est à eux d'apporter les contre arguments). Les travaux de Quentin Leplat au sujet de la présence du mètre dans les constructions mégalithiques me semblent aussi très intéressants, et si tu fais attention, tu verras que je n'ai jamais "braillé" nulle part contre Quentin Leplat.

Quelle est la différence ? c'est que Quentin Leplat n'a jamais déclaré face à la TeB :

La première [chose que je démontrerai] en mathématiques, pour que ça ne secoue pas trop le cocotier, c'est l'extinction de l'idée d'irrationalité dans les nombres. Vous l'avez noté ? vous pouvez l'encadrer ? on le ressortira après le deuxième film, et là tous les docteurs en maths viendront s'écrabouiller...


A ton avis, est-ce que JG est ici plutôt dans une attitude constructive ou destructive ? Est-il bien conscient qu'il traite de foutaise la première notion mathématique qu'on puisse qualifier de moderne, et par conséquent l'ensemble de la pensée mathématique moderne ? Est-il seulement conscient du mépris qu'il surajoute en disant "que ça ne secoue pas trop le cocotier" ? Est-ce qu'il a pris la peine de discuter de ça avec un spécialiste, comme il en fait la leçon aux égyptologues ?
Euler : e^(iπ)+1=0 ; Gauss : ∫e^(-t²)dt=√π ; Stirling : (n/e)ⁿ.√2πn/n!=1+ε(n)
1 = (1/φ)² + (1/φ)³ + ... + (1/φ)ⁿ + ...
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